Du temps de mon enfance, les grands-pères avaient peu
de contact avec leurs petits enfants. On ne les appelait pas «Papy»,
comme de nos jours. On ne les tutoyait pas. On les appelait
«grand-papa» ou «grand-père» et on leur
disait «vous». Mais malgré tout, ils avaient
un ton bon enfant avec les petits et on les aimait parce qu'ils avaient
toujours un conseil à nous donner plutôt qu'un ordre comme
le faisaient nos pères. Leurs anecdoctes d'enfance nous fascinaient,
leurs aventures d'avant l'électricité, d'avant le téléphone
et d'avant l'automobile nous laissaient ébahis devant leur mode
de vie simple et lent. C'est ce que l'on revoyait lorsqu'ils nous
parlaient doucement même si le ton demeurait sérieux. Puis
aujourd'hui, le grand-père est devenu l'ami de ses petits-enfants,
plus que leur conseiller. C'est le confident, celui qui mène
ou ramène de la garderie. C'est celui qui nous montre à
jouer parce que papa n'a plus le temps. Il ne gronde pas mais écoute
et prend les petits sur ses genoux pour mieux comprendre.
Mais aujourd'hui comme hier, il y a toujours dans les yeux des
grands-pères et dans leur voix lorsqu'ils parlent de leurs
petits-enfants, la même fierté, le même amour de
ceux qui voient leur avenir grandir et jouer devant eux. Au-delà
des cris de joie, des visages ronds et des yeux curieux, c'est leur
famille future qu'ils entrevoient, au-delà de leur vie qui s'achève.
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