À vos crayons ! 

Quinze fautes à trouver dans la Dictée des Amériques de 2009

 
Voici le texte original avec, en rouge, les fautes corrigées.

 

 


Le marché de toutes les solitudes
(Texte d'Ariane Moffatt)


Le marché des Enfants-Rouges est couvert comme le ciel de Paris. Ensemble, ils
valsent entre deux saisons sur un air élégiaque. J'y entre comme une revenante en des
contrées familières.

Chacune des échoppes qui l'occupent protège affectueusement ses arômes et
saveurs si recherchés, agrumes colorés ou primeurs juste livrées. Les denrées en
rangs serrés bravent le froid et l'humidité.
Les commerçants les réchauffent de gestes intuitifs; chaque mouvement prend la forme de ces instants d'éternité que l'on arrache parfois aux jours insoumis.

C’est le marché de toutes les solitudes. Sous la cape silencieuse de cette matinée
d’avril, je feins de lire pour m'abandonner à la poésie des lieux.

Debout au centre de l'estaminet avec le vide comme unique public, un quidam chante
pour affronter sa déréliction loin des badauds rabat-joie.

Plus loin, sous le regard presque indifférent du traiteur japonais qui aligne sashimis et ballottines, une femme d'affaires bon chic bon genre s'agrippe à l'oreillette de son téléphone pour éviter de sombrer dans ses abysses intérieurs.

Partout autour, les parfums volatils se font enjôleurs; la fleuriste achève ses bouquets d’héliotropes vanillés qu’elle enveloppera de cellophane irisée.

Suspendue au temps qui s'écoule goutte à goutte, je laisse mon imagination entrer en
scène. Le rire cristallin des orphelins qui vivaient ici même voilà quelque cinq siècles
parvient en écho résonnant à mes tympans. Ces enfants perdus semblent jouer à
colin-maillard, comme le soleil avec les nuages, dans les allées labyrinthiennes de
l'imperturbable halle. Ils apparaissent sous mes yeux attendris, tout de rouge vêtus.
Fantassins de l’abandon aux couleurs de la Charité, frêles coquelicots aux pétales
chiffonnés, ils caracolent et folâtrent, narguant l'immobilité.

Au petit marché des Enfants-Rouges, enjouement et affliction, vague à l’âme et
exacerbation des sens se sont donné rendez-vous.

J'y reviendrai demain sans faute, après-demain, voire tous les jours.

 

élégiaque
Du mot "élégie", poème lyrique dont le ton est le plus souvent tendre et triste

échoppes
Avec deux "p".
Petite boutique

recherchés
Arômes, masculin et saveurs, féminin
L'adjectif se met donc au masculin

livrées

S'accorde avec "primeurs" qui est un nom féminin signifiant le caractère de ce qui est nouveau.

déréliction
État d'abandon et de solitude morale complète

rabat-joie
Nom ou adjectif invariable

sashimis
Plat japonais composé de poissons et de fruits de mer crus coupés en morceaux et servis avec différents condiments et accompagnés d'une sauce de soja.

ballotines
Une ballotine est une petite galantine roulée, composée de volaille et de farce.


intérieurs
S'accorde avec abysses (fond océanique situé à plus de 2 000 m de profondeur) qui est masculin.

volatils
Adjectif. Il ne fallait pas confondre avec "volatiles" (oiseaux)


vanillés
S'accore avec héliotropes, nom masculin

irisée
Le nom "cellophane" est féminin

halle
Ne pas confondre avec celui d'un hôtel, sans "e".

vêtus
Ce sont les orphelins qui sont vêtus de rouge.

donné
Participe passé à la forme pronominale s'accorde avec le complément d'objet direct: ils ont donné quoi ? Rendez-vous.

 

Mes sources : http://www.dicteedesameriques.com/


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