Combien de temps ?
Combien d'années faudra-t-il pour
faire comprendre aux habitants de cette planète que la vie est éphémère ?
Les millénaires qui se sont succédé n'y sont pas encore
arrivés tout à
fait. On dirait que des êtres malfaisants s'acharnent à détruire les
chefs-d'oeuvre que la nature a créés. Plus sanguinaires que visionnaires, ils
échafaudent un plan d'enfer pour asservir leurs congénères. Ne les laissons
pas faire !
En cette Année Senghor, comment
transformer le nouvel ordre économique international en nouvel ordre culturel
mondial, souhait de ce père de la Francophonie ?
Pourquoi pas par le chant, la parole
et la musique ? On rappe, on discourt, on crie, on écrit... Les mots - même
ressassés - qu'on juge bon d'employer pour protester peuvent être des armes de
persuasion massive.
Et pourquoi ne pas « allumer la
lampe de l'esprit » et s'inspirer des griots accompagnés au balafon, des
écrivains aux calames acérés ou des essayistes postmodernes ? Leurs paroles
finiront par s'imposer. Aux matérialistes insatiables qui promettent des mille
et des cents aux dépens des déshérités et des meurt-de-faim, opposer la
solidarité qui vainc tout. En butte aux récalcitrants malintentionnés,
proposer l'ère de la justice, de la beauté et de la bonté.
Le lamantin ne se lamente pas, il
chante dans la rivière. Le filao, le flamboyant et l'arbre à palabres se
dressent résolument dans le ciel d'Afrique. Loin d'être en porte-à-faux, en
phase avec les credo des Senghor qui¸ en hérauts hiératiques, portent la
nouvelle d'une fraternité à venir, le dialogue des cultures cher à celui qui
fut poète par-dessus tout est, sans contredit, la réponse aux politiques
autarciques et à l'hégémonie économique.
« La poésie ne doit pas
périr. Car alors, où serait l'espoir du Monde ? » Combien de temps pour
s'entendre et s'entraider ?
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Note: J'ai scrupuleusement copié le texte publié dans
le journal La Presse, édition du dimanche, 19 mars 2006. Vous ne devriez
donc pas trouver d'autres fautes que les 15 à trouver.
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