| Alors que
le moule à sucre d'érable jouit d'une aura folklorique et
fait partie de la fibre authentique de la culture québécoise,
le moule à beurre est beaucoup plus modeste. Parce qu'il
était relégué à la cuisine et n'y sortait
guère, on le connaît encore moins que son illustre cousin.
Pourtant il était abondant puisqu'il faisait partie de l'arsenal
de toute bonne ménagère d'autrefois alors que le moule à
sucre n'existait que dans les familles où l'on «faisait
des sucres». Chez les antiquaires, on le rencontre encore
fréquemment alors que cela n'est pas le cas pour les moules à
sucre. Le moule à beurre était fait généralement
de bois. Il était fait de deux parties: un contenant évidé,
percé d'un trou au fond par lequel pénétrait une
tige de bois, le manche, reliée et attachée à un
pochoir ou étampe. Cette tige reliée à son
étampe faisait office de piston et servait à vider le contenant
où l'on avait coulé le beurre, une fois ce dernier durci.
Les moules à
beurre sont, de forme ronde et cylindrique ou de forme cubique:
carrée ou rectangulaire. On s'en servait pour faire
des briques de beurre de divers poids d'une once à une livre.
Les moules d'une once servaient à faire des portions individuelles
que l'on plaçait près de chaque convive assis à
la table. Les morceaux de beurre de 1/4, 1/2 ou 1 livre servaient
à l'usage plus général et quotidien.
Le contenant
de beurre est assez simple. Ses parois internes sont lisses pour permettre
l'expulsion facile du beurre une fois durci.
C'est le pochoir
ou étampe qui donne son intérêt au moule à
beurre. Il était décoré d'un motif, animal,
fleur, plante, qui donnait à la face supérieure de la
«brique» de beurre une apparence de sculpture en relief.
Les motifs sculptés
sur le pochoir sont généralement inspirés de
la ferme. On y trouve des images de vache, de fleur, de tige
de graminé, de feuille.
Contrairement
au moule à sucre, l'iconographie du moule à beurre
ne touche pas les moyens de transport: navire ou locomotive.
On peut parfois
y rencontrer l'image du castor canadien, mais bien peu souvent celle
d'autres animaux, autre que la vache: cheval, coq, lapin etc...
Par contre la
qualité des sculptures gravées sur les étampes
des moules à beurre, illustre encore de façon magistrale
le souci qu'avaient nos ancêtres d'associer beauté et
utilitarisme.
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