Vous êtes
toujours blanche marguerite
Et moi, perclus, vieil oeillet de poète
Refaisons voulez-vous les anciens rites
Cueillons à nouveau l'humble violette
Près
des ifs arrêtons nos pas qui flanchent
Comme aux étés fous, vous appellerai
Ma belle de nuit, ma folle pervenche
...Sur vos joues l'odeur de giroflée
Regardez aux
feuilles de primevères
Les tremblotantes gouttes de printemps,
Là tout irisées sur votre paupière
Rendent sublimes les traces du temps
Tout à
l'heure il ne restera de nous
Que deux minuscules coquelicots,
Mignonne rosée, oyons à genoux
Des clochettes du doux muguet, l'écho
Vos cheveux
tressés de cloches d'Irlande
La taille fleurie de pourpres monardes,
Alors mes mains renaissent impatientes
Redeviennent éphémères mais gaillardes
Ces mimosas
que vous avez choisis
Hélas, demain seront myosotis,
Alors laissons du vent les célosies
Apporter l'effluve azuré de lys.