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La petite Marie avait douze ans. Cette petite blonde aux yeux
bleus, n'avait connu jusque-là, que le bonheur. Chérie tendrement de
tous les siens, adulée en classe par ses professeurs, car elle était
très studieuse, aucun nuage ne semblait vouloir ternir le ciel de son
existence.
Hélas ! Un jour, le malheur s'acharne à son foyer. Le
père, quoique jeune encore - 43 ans - est miné par ce mal incurable
qu'on appelle le cancer. Par surcroît à cause d'une opération mal
réussie, est aveugle depuis six mois.
Noël approche. La tristesse plane dans la maison. Contrairement
aux années passées, il n'y a plus cette complicité du papa et
de la maman pour aller faire des achats, il n'y a plus de guirlandes
sur les murs, il n'y a plus d'explosion de joie devant un sapin bien
décoré !
Mais, au coeur de la maman, habitent cette joie, cette espérance,
cet amour de Dieu qui font les saints et qui opèrent encore des
miracles.
" Ma petite Marie, repose-toi bien cet après-midi, car,
comme tu es l'aînée, j'ai pensé t'emmener avec moi, à la messe de
minuit. "
De fait, un peu avant cette heure, elles sont bien là, la
maman et sa petite fille. Elles se dirigent vers la crèche et épanchent
leur coeur en celui d'un Dieu fait petit enfant, pour apporter la joie,
la paix, à toute l'humanité. La petite Marie, du coin de l'oeil,
observe sa maman avec une telle ferveur, que peut-elle demander à Jésus
et pourquoi ces larmes qui roulent sur ses joues ?
Est-elle troublée ? La petite Marie se pose mille questions.
Elle comprendra mieux demain.
Mais en réalité, pourquoi pleure sa maman ? Pour la
première fois, à Noël, ses petits qu'elle a toujours choyés avec
tendresse en ce jour pas comme les autres, pour la première fois seront
frustrés dans leurs espérances.
Qui connaît l'enfance sait quels beaux rêves on échafaude
à cet âge. Noël, c'est Jésus venant récompenser les enfants sages.
C'est le bas rempli de friandises, c'est la poupée convoitée depuis
des mois, c'est un traîneau ou un petit soldat de plomb et que sais-je
?
Et bien, malgré tous leurs efforts pour être bien sages,
bien dociles, rien ne laissait présager ces joies, qui gonflent d'émotion
le coeur des petits. L'enfant-Dieu peut-il résister à la prière et
aux larmes d'une sainte maman ? Jamais !
Mais pour la petite Marie, les larmes de sa maman demeuraient
une énigme. Elle en était encore à se demander pourquoi maman pleurait-elle
devant la crèche, Jésus était pourtant si beau ? Lorsqu'on frappe
à la porte. Il était 14 heures.
Cinq messieurs imposants font leur apparition et semblent
ployer sous le poids de leur fardeau. Déguisés en Père Noël, ils
s'expriment en anglais, car ce sont les anciens patrons de l'usine où
le papa avait travaillé pendant plus de 20 ans. Ils causent chaleureusement
et ensuite, commencent à déballer sous les yeux émerveillés des enfants,
le contenu de leurs gros sacs. Des bonbons en quantité, des jouets ravissants
et pour comble, une grosse volaille pour un souper digne de Noël.
Le papa, la voix brisée par l'émotion, de dire : En rang,
mes enfants, et chantez à nos bienfaiteurs le beau chant appris en
classe " Mon beau sapin " . Et voilà nos cinq frères et soeurs, serrés
les uns contre les autres, chantant d'une voix timide, les gloires du roi
des forêts. Nos visiteurs s'essuient les yeux, reniflent un peu et quittent
peu après, laissant derrière eux, les enfant les plus heureux du monde.
Des larmes roulaient encore sur les joues de la maman, mais, cette fois,
c'étaient des larmes de gratitude et de joie. L'Enfant-Dieu peut-il résister
à la prière et aux larmes d'une sainte maman ? Jamais !
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