C'est devenu une tradition, que, chaque année, au sous-sol de la cathédrale de Sherbrooke, on célèbre les jubilés d'or, de diamant, et même des 70 et 80 des religieux et religieuses du diocèse. Étant moi-même du groupe des "diamantées", j'ai le goût de vous donner quelques échos de cette fête, qui demeurera un des plus beaux souvenirs de mes 60 ans de vie religieuse.

D'abord, nous étions nombreux ces fous, ces folles de Dieu, qui, à l'exemple du Poverello d'Assise, ont enseveli leur jeunesse à l'ombre d'un couvent. Était-ce raisonnable ? Avions-nous perdus la tête, en marchant à contre-courant de notre monde moderne, dominé par la performance et la productivité ? Bien sûr que non ! Et pouvaient en témoigner au soir de leur vie, ces consacrés, au regard lumineux, au sourire non emprunté, qui manifestaient, que fidèles à l'appel du Seigneur, malgré quelques tempêtes de parcours, leur navire s'était dirigé à bon port.

Assignées de longues années aux soins des malades, d'autres à l'enseignement, à la vie contemplative, ou encore au service du sacerdoce, dans les évêchés, les collèges, les séminaires (où j'ai fixé mon choix) nous pouvons dire que par l'amour et le don de nous-mêmes, nous avons contribué à construire l'Église et l'humanité. Personnellement, comme Petite Soeur de la Ste-Famille, c'était moins reluisant, moins tangible réfectorière, cuisinière, mais on a, trois fois " Hourra! " formé des gros curés, des avocats, et combien de jeunes qui ont fait carrière, honorablement, dans d'autres domaines. Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus pour l'amour, la fidélité déployés par tous ces consacrés.

Neuf bénévoles de l'Office Diocésain de la vie consacrée ont travaillé des heures pour organiser cette fête, qui fut un véritable succès. Elles méritent toute notre reconnaissance.

Débutée par l'Eucharistie, célébrée par notre digne Archevêque, la musique et les chants choisis pour la circonstances, nous transportaient au matin de notre donation au Seigneur. Pour la procession d'offrande, entre autres, on m'avait demandé d'apporter un bel azalée tout blanc, symbolisant la fidélité de tous ces religieux. M'étant aperçue qu'il n'y avait pas de rampe et six marches à monter pour me rendre à l'autel, j'avais d'abord protesté, craignant de trébucher et de faire une prostration spectaculaire, mais on m'a escortée et tout s'est bien passé. On avait l'air de dire "elle est courageuse la p'tite vieille ". Et je pensais intérieurement " Regardez-moi bien, c'est la dernière fois que je monte ici, car à mes prochaines noces de 70 ans, j'aurai 97 ans et probalement, je les fêterai dans l'au-delà."

Après la messe, un apéritif nous est servi, et autour des tables bien décorées, chacun(e) prend la place qui lui est assignée. On lève un toast à notre honneur, après quoi, un délicieux buffet nous attend. Et, c'est dans la joie, dans la convivialité que tous jubilent et qu'on emportera de cet événement un souvenir, auréolé d'or, de diamant et de pierres plus précieuses encore.

N'est-ce pas, que quoiqu'on dise et qu'on pense, les consacrés font figure de ressuscités de nos jours ?

 Alléluia ! Alleluia !

26 avril 2008

 



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