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Ils sont trois, quatre et même cinq sur
la côte
Avoisinant notre grande maison,
Et de les voir courir, rien de plus
drôle !
Ces jolis chevreuils, en toute saison.
Bien
discrètement, je les ai entendus
dernièrement
Parler avec véhémence à leurs chers
parents.
L'un disait la chance qu'ils avaient
De séjourner près d'un couvent.
C'est l'ordre, la paix, le repos complet
Loin des chasseurs qui nous écorchent
vivants.
Et cette
voilière de petites soeurs
Toutes habillées de blanc
De les entendre rire de bon coeur
Comme c'est réconfortant !
L'une est
sûrement supérieure générale,
J'ai compris qu'on l'appelait : "Mère".
C'est sûrement la personne idéale
Pour un si gros groupe communautaire.
Un peu à
l'écart, c'est sans doute, son
assistante
Grande, élancée et souriante.
Elle bêche, sème, plante avec ardeur
Dans l'espoir d'y voir éclore des fleurs.
À
l'enthousiasme du premier
S'ajoute le chagrin du deuxième
Tout tremblant, il ose confier
Ce qui le trouble, ce qui le peine :
"Père",
cédant à mon penchant mauvais,
Je suis si gourmand, c'est un fait.
J'ai compris, c'est énorme... un
sacrilège
En saccageant la terre bénie du
cimetière.
J'ai
grignoté les petits arbustes avoisinants,
J'ose vous l'avouer en pleurant.
"Petit", cesse de te chagriner.
Tu avais faim et de l'herbe tu n'as pu
trouver.
À deux pas
d'ici, il y a un gros curé.
Il est, des religieuses, leur aumônier
Son nom est suave comme le champagne
Et il a le coeur tendre comme une femme.
En voyant ta franchise et ton repentir
Il saura te pardonner et même te bénir !
3
février 2008 |