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Récits, descriptions, entrevues, anectotes qui racontent
des événements, des personnalités, des traditions,
des coutumes de l'histoire du Québec.
Cette rubrique n'est pas chronologique. Ces courts
textes ont pour but de vous informer succinctement, parfois
avec humour mais toujours avec rigueur sur la vie de nos ancêtres. |
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Le quêteux
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Personnage
mythique de notre histoire, le quêteux fait souvent partie des anecdotes
racontées par nos ancêtres. On en parlait en bien ou en mal,
mais on en parlait...
Je vais tenter de vous raconter ce personnage énigmatique.
Ne manquez pas de
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, les autres pages de cette rubrique
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Bibiane
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La sécurité sociale,
l'assurance chômage... n'ont pas toujours existé. Si on était
sans famille, sans travail et sans aucune source de revenu, on avait recours
à la charité publique. À la campagne, il n'était
donc pas rare de voir arriver, avec la belle saison, un "quêteux".
Ce mendiant, venu d'on ne sait trop où, était attendu
bon an, mal an. La plupart des gens l'accueillaient et faisaient preuve
d'une grande générosité, influencés, on peut bien
l'avouer, par la religion très présente à cette époque.
Le "quêteux" était un personnage mystérieux. Son arrivée
au village suscitait une variété de réactions. Ces mendiants
l'étaient devenus par malchance et n'avaient pas trouvé
d'autres moyens de subsistance ou bien, ils avaient choisi de vivre dans
ces conditions. On les appelait alors "quêteux professionnels". On
accueillait, les premiers comme les seconds, avec générosité,
même s'il arrivait d'en avoir peur. On ne refusait jamais l'aumône
au "quêteux". La plupart des maisons avaient leur "banc du quêteux".
Fait de bois, assez long, le siège de ce banc était muni
d'un couvercle. Il devenait ainsi une sorte de caisse qui permettait d'y
entreposer le maigre bagage du visiteur. Ce banc faisait partie des meubles
de la maison et on l'installait presque toujours près de la porte de
l'entrée. Il servait de lit et permettait aux gens charitables d'accueillir
le mendiant pour la nuit.
Souvent, les "quêteux" se plaisaient à mener cette vie de
bohème en parcourant les routes à l'aventure. Ils s'arrêtaient
d'une maison à l'autre et savaient qu'ils pouvaient dîner, souper
et dormir. En échange de victuailles, d'un endroit pour dormir, de
quelques vêtements usés, de savon... ils pouvaient raconter
le récit de leurs voyages, quelques bonnes histoires, les potins du
village voisin. Ils aimaient leur vie libre et ne l'auraient pas quittée
pour une vie plus sédentaire, assujettis à des habitudes routinières.
Plusieurs savaient communiquer la bonne humeur, la joie de vivre que procure
le détachement des biens matériels.
Il y avait cependant des "quêteux" qui arrivaient au village comme
des oiseaux de mauvaise augure. Maussades et malveillants, il demandait à
boire et à manger avec insolence comme si c'était un dû.
Ces indésirables allaient même jusqu'à menacer les gens
de mauvais sorts.
Quand le "quêteux" quittait le village son sac était toujours
bien garni. Si celui-ci devenait trop lourd, il vendait ce qu'il avait reçu
et cachait dans un grand mouchoir, solidement noué, l'argent obtenu.
Toute sa richesse était entassée ainsi dans ce sac qu'il trimballait
d'un village à l'autre.
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