| Si des troupes de danses folkloriques
et les membres de certaines chorales la portent fièrement, pour la
plupart d'entre-nous, c'est une pièce d'artisanat qu'on sort au
temps du Carnaval . On peut se procurer une ceinture fléchée dans quelques
boutiques d'artisanat à Québec ou dans les cabanes à sucre.
Pour les antiquaires, les ethnologues et les artisans, la ceinture
fléchée, c'est beaucoup plus qu'une pièce d'artisanat. Le fléché est une technique
séculaire, un savoir-faire unique. Et, selon eux, la ceinture fléchée
est une tradition toujours vivante grâce au savoir-faire d'une
centaine d'artisans qui perpétuent la technique ancestrale du
" fléché ". Confectionnée pour
la première fois il y a plus de 250 ans, la ceinture fléchée a son
histoire.
Ce fut tout d'abord un vêtement utile pour nos coureurs des bois.
Elle est devenue une sorte de symbole pour les Patriotes de 1837.
Pour les coureurs des bois et les voyageurs, la ceinture fléchée
était très utile. Elle servait de vêtement qui aidait à garder au
chaud bien sûr, mais elle aidait aussi à renforcer le bas du tronc
au cours d'efforts physiques. La ceinture fléchée servait aussi de
contenant pour transporter de menus objets tels couteau de poche,
pipe et tabac, etc.
La ceinture fléchée serait originaire
de L'Assomption, dans la région de Lanaudière. Mais certains
affirment que c'est à Québec, sous le régime français qu'on les
retrouvera d'abord.
L'art du fléché consiste à tresser aux
doigts une étoffe décorée de motifs en forme de flèches. À une
certaine époque, le fléché devint même une industrie qui fut très
prospère grâce à la Compagnie de la Baie d'Hudson. Plus tard, à la
fin du XIXe siècle, celle-ci importa de Coventry, en Angleterre, des
imitations bon marché tissées au métier à cause de revendications
des artisans qui se disaient sous-payés.
Comme pour le tartan chez les Écossais, il existe des motifs de
ceintures fléchées propres à certaines régions. Le plus connu est
sans contredit celui de L'Assomption. On parle aussi de motifs dits
Acadienne et Chenier. Chaque motif possède ses couleurs et son
style.
La ceinture fléchée était confectionnée avec de la "laine cirée ".
Cette dernière rendait l'étoffe imperméable et assurait sa
résistance. On pouvait s'en servir pour tirer et suspendre des
objets et même pour transporter de l'eau.
Aujourd'hui, les artisans la fabriquent avec de la
laine retorse (laine tissée serré).
On peut trouver plusieurs types de
ceintures fléchées. La ceinture vendue durant le Carnaval de Québec
ou dans les cabanes à sucre est fabriquée au métier à tisser. On
peut s'en procurer à très bons prix.
Il y a la ceinture tissée aux doigts selon la technique originale,
mais fabriquée avec de la laine brute. Elle nécessite des dizaines
d'heures de travail. Elle se vend entre 200$ et 600$.
Et, il y a la ceinture haut de gamme. Cette dernière est fabriquée
avec des laines importées d'Europe et demande près d'une année de
travail. Elle est réservée aux collectionneurs et se vend jusqu'à 5
000$.
Finalement, il y a les pièces rarissimes comme celles dites de
L'Assomption. Elles ont été fabriquées il y a 100 et 200 ans et ont
conservé leurs couleurs éclatantes. Celle vendue à 13 500$ à Port
Dover mesurait quatre mètres (incluant les franges) et était
large d'environ vingt centimètres. L'étoffe aurait été confectionnée
au XIXe siècle dans la région de Lanaudière et était en parfait
état.
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