Titre
Autant que je me souvienne
(3.1)





Au début du mois de décembre, il y avait des décorations partout dans les vitrines des grands magasins, comme Eaton, Morgan, Ogilvy’s, Dupuis & Frères et plusieurs autres.
J’avais à peine cinq à six ans et je me souviens que maman, papa, mon petit frère et moi, allions voir la Parade du Père Noël sur la rue Sainte-Catherine à Montréal.
Je trouvais ça tellement beau, c’était comme un rêve. Mon cœur battait plus fort au son des gros tambours et ça faisait comme un gros trou dans mon cœur tellement la fanfare résonnait. C’était très impressionnant !
Après la Parade, nous nous rendions chez Eaton, pour voir le Père Noël !
Il y avait beaucoup d’enfants accompagnés de leurs parents qui attendaient en ligne.
Lorsque mon tour arriva, le Père Noël m’a placée sur ses genoux et m’a parlé avec un langage que je ne comprenais pas du tout en me faisant son plus beau sourire.
J’aurais tant aimé lui parler et lui dire que j’aurais aimé recevoir pour Noël un carrosse, une poupée, une petite couverture et une petite taie d’oreiller !
J’étais un peu confuse à l’idée que je ne pouvais pas m’exprimer, mais j’étais quand même heureuse d’avoir pu m’asseoir sur ses genoux et de voir sa belle barbe blanche et ses belles joues toutes joufflues ainsi que son bel habit rouge et ses grosses bottes noires. Je venais de voir le vrai Père Noël, car le vrai Père Noël pour moi, était celui qui était chez Eaton !
Puis, c’était la Fée des Étoiles qui m’attendait pour me donner un présent ainsi qu’à mon petit frère de deux ans.
Nous avons fait un grand tour dans le train du Père Noël ! OH que je trouvais ça beau ! Il y avait tellement de choses à regarder et tout était brillant et scintillant !
Il y avait le Petit Renne au nez rouge, les lutins, de grosses cannes de Noël, des jouets de toutes sortes et le conducteur du train qui faisait sonner la cloche du train et activait le «TCHOU TCHOU» de la locomotive. Je trouvais tout ça très impressionnant, je sentais comme un frisson à l’intérieur de moi tellement tout ça m’émouvait !
De retour à la maison en tramway, tout ce que j’avais vu, se déroulait dans ma petite tête d’enfant. Je me demandais la raison pour laquelle le Père Noël ne me parlait pas d’une façon pour que je puisse le comprendre ? Je me disais qu’il ne pourrait pas m’apporter ce que je j’aurais désiré puisque je ne n’avais pas su comment lui dire dans la langue qu’il parlait. Ma grande peine était de penser que je risquais de rien recevoir pour Noël !



(Pierrette Gagnon)


Suite